Frise chronologique
1222
Installation des Franciscains
Installation des Franciscains
1222 (≈ 1222)
Arrivée des Cordeliers à Toulouse.
XIVe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
XIVe siècle (≈ 1450)
Édification du bâtiment actuel, 86 m de long.
1562
Incendie pendant les guerres de religion
Incendie pendant les guerres de religion
1562 (≈ 1562)
Destruction partielle par les protestants.
1738
Effondrement de la voûte
Effondrement de la voûte
1738 (≈ 1738)
Chute de la nef, destruction des orgues.
1794
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1794 (≈ 1794)
Transformation en prison puis magasin militaire.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection des ruines de l’église.
1871
Incendie définitif
Incendie définitif
1871 (≈ 1871)
Destruction de la nef, seul clocher épargné.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise des Cordeliers (ruines) : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Belle Paule - Figure légendaire toulousaine |
Corps momifié célèbre pour sa beauté. |
| Ferdinand Mazzoli - Dessinateur du XIXe siècle |
A documenté l’église avant destruction. |
| Alexandre Du Mège - Archiviste et collectionneur |
Sauva des sculptures pour les musées. |
| Saint Louis d’Anjou - Évêque de Toulouse, patron secondaire |
L’église lui était dédiée. |
Origine et histoire
L’église des Cordeliers de Toulouse fut fondée au XIIIe siècle par les frères mineurs franciscains, installés dans la ville depuis 1222. Leur ambition était de rivaliser avec l’église des Jacobins, et ils édifièrent un bâtiment imposant : 86 mètres de long, 26 mètres de large, avec une nef voûtée à 25 mètres de hauteur. La façade en brique, ornée d’une rosace et d’un portail en pierre surmonté d’un fronton triangulaire, affichait une devise latine orgueilleuse : « Elle durera jusqu’à ce que la fourmi ait bu la mer ». L’intérieur, décoré de fresques et de peintures murales, était dédié à la Vierge, saint François d’Assise et saint Louis d’Anjou.
Sous la chapelle de Rieux, un caveau aux propriétés momifiantes attira la curiosité des Toulousains. Les corps s’y conservaient naturellement, formant une galerie macabre où l’on pouvait voir des ancêtres debout, dont la légendaire Belle Paule, dont la beauté post-mortem devint une attraction. Des récits évoquent aussi des phénomènes étranges, comme celui d’un jeune moine mort de terreur après avoir cloué sa manche à un cercueil. Ce caveau, décrit en 1784 comme une salle ovale voûtée, était accessible par un escalier partant du cloître.
L’histoire de l’église fut marquée par des destructions répétées. En 1562, les protestants incendièrent le couvent pendant les guerres de religion. En 1738, la voûte de la nef s’effondra, détruisant statues et orgues, avant d’être reconstruite. Après la Révolution, le couvent devint un bien national : la flèche du clocher fut abattue, et les lieux servirent de prison, puis de magasin à fourrage pour l’armée. En 1871, un incendie ravagea définitivement la nef. Seul le clocher subsista, tandis que des éléments sculptés (gargouilles, chapiteaux) furent sauvés et exposés au Musée des Augustins.
Aujourd’hui, il ne reste de l’église que le clocher, le départ des voussures du portail sud (rue du Collège de Foix), la salle capitulaire et la sacristie. Des dessins du XIXe siècle, comme ceux de Ferdinand Mazzoli, et des photographies anciennes (musée du Vieux Toulouse) permettent d’imaginer son faste passé. Classée monument historique en 1862, ses ruines rappellent l’ambition des Cordeliers et les vicissitudes d’un patrimoine toulousain majeur.
Le caveau, quant à lui, symbolise les croyances et pratiques funéraires médiévales. La momification naturelle des corps, phénomène rare, en fit un lieu à la fois sacré et morbide, où se mêlaient dévotion et superstition. La Belle Paule, figure mythifiée, illustre comment la beauté et la mort pouvaient fasciner une société où la religion rythmait le quotidien. Ces récits, transmis jusqu’au XIXe siècle, ajoutent une dimension légendaire à l’histoire du monument.